Aspects thérapeutiques spécifiques à l'anémie rénale
Le traitement précoce de l’anémie rénale, surtout chez les patients atteints d’insuffisance rénale chronique non dialysés, peut réduire le risque de complications cardiovasculaires. Toutefois, cet aspect est souvent négligé, la correction de l’anémie ne commençant qu’après le début de la dialyse [1].
Le traitement de l’anémie rénale passe en général par l’administration ciblée de médicaments stimulant l'érythropoïèse (ASE) et de préparations à base de fer. Un taux cible d’Hb supérieur à 10g/dl est valable à tous les stades d’insuffisance rénale. Des facteurs comme l’âge, l’origine ethnique ou les maladies concomitantes peuvent donner lieu à des divergences individuelles. Les taux prédialytiques de plus de 12 g/dl doivent être évités chez les patients dialysés. Chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires concomitantes prononcées (NYHA III et IV) ou de diabète (surtout ceux qui souffrent de maladie artérielle périphérique), le taux d’Hb ne doit pas non plus dépasser 12 g/dl.
Les directives du National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) préconisent d'améliorer le statut ferrique avant de débuter un traitement par ASE et de décider d'administrer des ASE chez les patients non dialysés [2]. L’utilisation de fer par voie intraveineuse est recommandée comme traitement de première intention pour les patients atteints d’insuffisance rénale chronique, cette forme d'administration étant jugée optimale pour ces derniers. En effet, le fer oral montre une faible efficacité en raison des inflammations souvent chroniques qui résultent de l'inhibition de l’absorption du fer par l’hepcidine et peut, par ailleurs, provoquer d'importants effets secondaires au niveau gastro-intestinal. En outre, la reconstitution des réserves de fer peut prendre plusieurs mois du fait des faibles taux d’absorption. L’intolérance aux préparations orales, dans ce contexte, est souvent à l'origine d'une mauvaise observance. Les directives «European Best Practice Guidelines» recommandent également le traitement à base de fer par voie IV comme forme d’administration de première intention, sur la base de données actuelles issues d'études randomisées et contrôlées [3].
Références
1. Valderrábano F. Anaemia management in chronic kidney disease patients: an overview of current clinical practice. Nephrol Dial Transplant 2002;17(Suppl 1):13-18 2. NICE clinical guideline 39: Anaemia management in people with chronic kidney disease; Sept. 2006 3. Locatelli F et al. Revised European best practice guidelines for the management of anaemia in patients with chronic renal failure. Nephrol Dial Transplant 2004;19(Suppl 2):ii1-47
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| Mediscope |
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| 28.07.2009 - dde |
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